ils enfreignent la loi tous les jours, et l’état le tolère jusqu’au 4 mai dans deux départements

Ils enfreignent la loi tous les jours, et l’État le tolère jusqu’au 4 mai dans ces deux départements

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La Corse s’engage dans une initiative sans précédent pour réduire le nombre d’armes à feu en circulation sur son territoire. Du 28 avril au 4 mai 2025, une amnistie temporaire permettra aux détenteurs d’armes non déclarées de les remettre aux autorités sans risquer de poursuites judiciaires ou administratives.

Une amnistie temporaire pour les détenteurs d’armes en Corse

L’opération « Déposons les armes » sera déployée dans les deux départements corses à partir du 28 avril. Cette initiative, portée par les préfectures de Haute-Corse et de Corse-du-Sud, offre une opportunité unique aux habitants possédant des armes non déclarées de s’en défaire légalement.

Les modalités de cette opération sont simples : entre 9h et 17h, toute personne souhaitant remettre une arme ou des munitions peut se rendre dans une brigade de gendarmerie ou un commissariat des principales villes corses. Une pièce d’identité sera demandée, mais aucune sanction ne sera appliquée. Cette démarche est entièrement gratuite.

Il existe toutefois des exceptions importantes à cette amnistie. Les engins de guerre comme les obus et grenades, ainsi que les explosifs et artifices nécessitant un enlèvement sécurisé, ne font pas partie du dispositif.

Cette initiative répond à une situation préoccupante dans la région, où la violence armée cause des dommages considérables, comme dans d’autres cas où l’environnement et la sécurité publique sont menacés. Les autorités espèrent ainsi réduire significativement le nombre d’armes en circulation.

Un territoire marqué par une forte présence d’armes à feu

La Corse affiche un taux de détention d’armes exceptionnel en France. Les chiffres de 2022 révélaient environ 350 armes pour 1000 habitants, soit plus du double de la moyenne nationale qui s’établit autour de 150 armes pour 1000 personnes.

Cette prévalence s’explique notamment par l’ancrage culturel des activités liées aux armes à feu. La chasse constitue une tradition importante sur l’île, avec plus de 17 000 permis de chasse délivrés, représentant 5% de la population corse – un pourcentage deux fois supérieur à celui observé sur le continent.

Le tir sportif occupe également une place prépondérante dans le paysage sportif insulaire. Avec 6 000 licenciés, cette discipline se classe comme le deuxième sport le plus pratiqué en Corse, juste derrière le football. Cette banalisation de l’usage des armes à feu contribue à leur omniprésence dans la société corse.

Jérôme Filippini, préfet de Corse, reste en revanche lucide quant aux limites de cette opération : « Je ne m’illusionne pas sur le fait que les bandits qui détiennent des armes ne vont pas venir à la gendarmerie pour les déposer mais moins il y aura d’armes présentes en Corse, mieux nous nous porterons. »

Les défis de la lutte contre la violence armée

La prolifération des armes à feu en Corse s’accompagne de conséquences dramatiques. Depuis le début de l’année, l’île a enregistré sept homicides, dont six liés à des règlements de compte. Ces statistiques placent la région au premier rang national en termes de taux d’homicide par habitant, selon la Fédération départementale des chasseurs de Corse-du-Sud.

Pour Léo Battesti, fondateur du collectif anti-mafia « Maffia NO, a Vita lé », les armes créent « une sorte de pouvoir morbide qui est dangereux pour la société ». S’il salue l’initiative des préfectures, il estime qu’elle doit s’inscrire dans une démarche plus globale : « C’est un combat aussi qu’il faut mener par l’éducation, dans les écoles. »

L’opération « Déposons les armes » représente donc une première étape dans une stratégie plus large visant à réduire la violence armée en Corse. Les autorités espèrent qu’elle contribuera à diminuer le nombre d’armes en circulation et à sensibiliser la population aux dangers qu’elles représentent.

Au-delà de cette période d’amnistie temporaire, les défis restent nombreux pour transformer durablement les habitudes et la culture locale. Les résultats de cette initiative inédite seront observés avec attention, tant par les autorités que par les acteurs de la société civile engagés dans la lutte contre la violence.

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Sonia

Passionnée par le bien-être féminin et les sujets de société, Sonia s’attache à déconstruire les tabous qui entourent le corps et la santé des femmes. Curieuse et engagée, elle partage avec bienveillance des conseils pratiques, des témoignages inspirants et des réflexions sur la place du féminin dans notre quotidien. Lorsqu’elle n’écrit pas, on la retrouve souvent à la plage un livre à la main ou en train d’explorer de nouvelles marques écoresponsables.

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